La théorie des dominos

Voici donc les premiers arguments mettant à mal le concept de “croissance verte”, comme promis dans mon article du 29.09.2019… 

Pour ce qui est des arguments plus pointus, liés à la notion de croissance verte économique, technologique et innovante, j’y reviendrai ultérieurement…

Comme déjà dit, c’est trop tard. 50 ans de retard. Peut-être seulement 40 en pinaillant un chouia. 

L’Homme ne ressent le danger que lorsqu’il est tangible, bien réel. Les annonces, plus ou moins alarmistes, des scientifiques et des écologistes sur les risques systémiques n’ont historiquement jamais été ressenties comme un danger imminent. Nous fonctionnons généralement ainsi !…

Ça commence à bouger dans l’opinion publique, certes, mais uniquement parce que la planète commence à se fâcher, un peu partout, en même temps et de plus en plus souvent. Et aussi parce que les médias généralistes en parlent plus régulièrement depuis bientôt deux ans (une paille sur 50 ans ; ils fichaient quoi, les vrais journalistes, pendant tout ce temps ?). 

Mais mieux vaut tard que jamais, tout doit donc encore être possible ? J’aimerais bien partager ce sympathique optimisme… Mais ce serait oublier l’effet domino. Ou l’effet boule de neige, c’est comme vous voulez… Et ce qui est perçu comme concret aujourd’hui par l’opinion publique n’est certainement que la partie visible de l’iceberg (Trois métaphores à 2 balles dans le même paragraphe… tant pis, j’assume).

Nous n’avons pas agi lorsqu’il était encore temps (rappelez-vous… les années 1970 et le rapport Meadows…) et, partant du principe que les faits nous démontrent que le premier domino est déjà tombé, en être conscient est une évolution positive des mentalités. Mais cela a peu de chance (question de timing) de suffire à stopper la chute des dominos qui viennent immédiatement ensuite, qui sont déjà en train de tomber pendant que nous tergiversons en palabres politiciennes (heu… un peu ce que je fais là, en fait), et dont les conséquences climatiques semblent pourtant déjà irréversibles pour ces très proches années à venir.

Mais nos politiques commencent à réagir, nous sommes donc sur le bon chemin et nous allons être sauvés, sauver notre planète ?

Un bouquin entier serait nécessaire pour détailler pourquoi ça ne marchera pas. Les politiques sont tous sous l’emprise d’un petit diablotin dont ils ne parviennent pas à se débarrasser… ou ne veulent pas, tout bêtement. Il porte plusieurs noms, ce petit diablotin : Économie, Capitalisme, Globalisation, Croissance-à-tout-prix… et j’en oublie.

Un seul exemple, au milieu de centaines d’autres, vu et lu récemment : près de 50 navires de croisière de plus de 100’000 tonneaux de jauge brute (environ 300’000 m3) devraient être mis en service ces 5 prochaines années. La « ville flottante » est désormais devenu la norme (source RTS. Oups ! j’espère que j’ai le droit…). Vous avez tous entendu parler de l’impact négatif de ces mastodontes, particulièrement en Méditerranée pour ce qui est proche de nous ? Entendez-vous des Etats européens tenter de lutter contre cette aberration qui n’apporte pourtant aucune plus-value concrète à notre « système-vie » ? Bien sûr que non ! Ils préfèrent parlementer des jours entiers sur l’introduction d’une nouvelle taxe sur les carburants des véhicules routiers. Et pourtant, combien de voitures doivent circuler au même moment et au même endroit pour rivaliser avec ces absurdités flottantes ? Mais voilà… on ne touche pas à l’économie. L’économie, c’est la croissance. Et la croissance, c’est sacré !

Avec des exemples comme celui-ci, nous pouvons comprendre assez aisément pourquoi la croissance verte est une notion utopique. Tenter quelques efforts d’un côté et laisser faire n’importe quoi de l’autre, ce n’est pas vraiment encourageant, ni particulièrement rassurant.

Je ne sais plus qui a dit « la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires »… Et nos gouvernements voudraient que nous laissions notre avenir, l’avenir de nos enfants, entre les mains des politiques ? Ce n’est pas sérieux !

Ce sera tout pour aujourd’hui.

PS : Lorsque je dis qu’il faudrait un bouquin entier pour expliquer pourquoi ça ne marchera pas… ben en fait, vous n’avez pas besoin de moi pour ça. Cette littérature existe déjà et est bien fournie. Recherchez en priorité le terme « collapsologie » et vous trouverez une grande source d’informations et de références. Attention, le sujet devenant à la mode, quelques dérives commencent à poindre… mais, globalement, la qualité est au rendez-vous.

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