Des multinationales responsables… J’ai de la peine à y croire mais la démocratie a une carte à jouer.

Entreprises responsables – Votation du 29 novembre 2020

Covid-19 ou pas, notre système continue à fonctionner. Bancal sous certains aspects, il fonctionne néanmoins encore… pour l’instant.

Alors, pourquoi ne pas parler de la votation du 29 novembre, en s’arrêtant un moment sur l’initiative « Entreprises responsables, pour protéger l’humain et l’environnement ».

Voici le lien officiel : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/votations/20201129/initiative-entreprises-responsables.html

Bien… en bon citoyen helvétique, je me devrais normalement de respecter l’une des meilleures démocratie reconnue au monde et ne pas cracher dans la soupe. Mais… rappelons-nous un évènement assez récent (lien vers Swissinfo.ch):

https://www.swissinfo.ch/fre/barrages-meurtriers_la-colère-contre-le-géant-brésilien-vale-passe-par-la-suisse/44722852.

Plus aucune info concrète depuis lors sur d’éventuelles conséquences pour cette société, sur le territoire suisse, ce qui laisse présager une totale impunité pour ces vilains affreux salopards. Cela n’empêche pas le site officiel de la confédération de présenter l’initiative du 29 novembre comme inutile, la loi cadrant déjà les abus de ces mauvais élèves. Tiens donc… Dès les premières lignes de la page officielle (voir le lien plus haut), le citoyen est déjà sous influence, notre gouvernance ne pouvant en aucune façon être mise en doute, provenant d’un Etat de droit exemplaire reconnu loin à la ronde (mode ironique).

N’est-il donc pas temps de passer à la vitesse supérieure, en nos âmes et consciences? Dans le texte soumis au peuple, pour cette initiative du 29 novembre, les pendules sont remises à l’heure; le texte n’est pas compliqué et est compréhensible (pour une fois); évident pour tout être humain encore un peu humain; et légitime dans ce qu’une population habituée au régime démocratique peut attendre de la part des mastodontes qui font de l’argent, encore de l’argent et toujours plus d’argent. 

La cohérence du texte soumis à votation pour cette initiative est sans doute ce qui a effrayé nos oligarques, puisqu’ils se sont empressés de pondre un contre-projet. Contre-projet forcément sous influence des lobbies et, quand le sujet est chaud-bouillant, directement sous influence des grands dirigeants de nos multinationales; ces derniers ayant d’une façon ou d’une autre le numéro personnel de chaque conseiller fédéral et parlementaires dans leurs contacts…

Donc… le parlement et le conseil fédéral rejettent cette initiative. Ce n’est pas une surprise si l’on se réfère à l’influence des dealers précédemment cités (et ce n’est pas une faute de frappe, je n’ai pas dit « leaders »). Un politicien en fonction est un drogué (sa drogue s’appelle “amour du pouvoir”) cherchant quotidiennement sa dose lui permettant de se projeter aux prochaines élections avec confiance et, pour autant qu’il réussisse sa carrière politique, lui permettre ensuite d’être sollicité pour siéger dans des conseils d’administration particulièrement rémunérateurs… au service des mêmes multinationales visées par l’initiative (les dealers, donc…). 

Mais revenons au contre-projet de l’initiative. Il a été présenté ce soir par le 19:30 de la RTS comme un contre-projet solide. En présentant ainsi le contre-projet, ce média influence et déforme, l’air de rien, ce que pourrait être l’opinion de certains d’entre-nous. Une preuve me manquait encore pour qualifier notre seule chaîne nationale de « vendue » aux mêmes oligarques que précédemment cités, mais cette fois c’est bon, plus besoin d’autres preuves et… plus besoin de télé !

Le contre-projet est une insulte à notre intelligence citoyenne. Même les copains de Blocher sont capables de comprendre le vide intersidéral de ce contre-projet, qui n’apporte aucun changement substantiel dans la réglementation actuellement en vigueur (ce qui les fera forcément sourire, pour les rares UDC qui réfléchissent un peu). Rien de contraignant, donc ! Un rapport annuel sera exigé. Ben voyons ! Les grosses entreprises adorent les rapports annuels, en produisent déjà à l’attention de leurs actionnaires, et y mettent ce qu’elles veulent bien y mettre. Alors là déjà, pas de changement.  Et en cas de « faute », une amende de 100’000.- CHF maximum est prévue. À ce niveau, c’est juste un pot de vin pour la prochaine sortie annuelle de nos conseillers fédéraux (que certains nomment la course d’école du Conseil fédéral)… Et pas de poursuites possibles venant des travailleurs ou riverains des succursales étrangères, de leurs sous-traitants ou encore d’organismes de défense. En bref, comme avant, mais avec en prime un mignon suppositoire dans le fion des plus crédules…

Magnifique exercice de manipulation ! 

Une dernière approche pour finir (sous forme de coup de gueule)… Les opposants à cette initiative prêchent, entre autres, la peur quant à la bonne santé de nos entreprises, et donc de nos emplois. Ils argumentent aussi sur le risque d’effrayer des sociétés internationales ayant leur siège social en Suisse ou souhaitant s’y établir. Et je ne parle pas d’autres arguments mensongers (nombre de PME susceptible d’être pénalisées, par exemple).

Hormis le cynisme de tels arguments, j’ai envie de relever la pauvreté intellectuelle des décideurs et autres cadres de ces grandes entreprises. Pas un seul ne semble avoir percuté sur la plus-value historiquement forte du « Swiss-Made » que pourrait apporter un changement dans la loi et, aussi, de la carte de l’innovation qu’ils pourraient invoquer en ayant leur siège en Suisse. Un petit coût supplémentaire dans leur budget, un gros coup marketing à l’international ! Et pourquoi pas même un accroissement de la confiance pouvant inspirer les investisseurs…

Pauvres décideurs qui ont tous fait leurs écoles aux mêmes endroits et qui ne méritent même pas le premier franc qu’ils touchent chaque mois. Et non ! Je ne suis pas un envieux, tu l’as dans l’os si tu penses ça au travers de mes propos. Je suis dans la catégorie des nantis (raisonnablement)… Mais pas dans celle des cerveaux atrophiés, n’ayant personnellement pas eu à subir les hautes écoles qui n’ont de nom que « hautes », haute comme sera la chute !… Ce qui, dans le contexte ici traité, démontre l’inutilité de ces filières ne déversant chaque année dans le monde du travail que de nouveaux cravateux prétentieux, pédants, souvent incompétents, juste capables d’appliquer sans réflexion et sans aucun génie les théories apprises par coeur, comme un poème à l’école maternelle.

Bon… voilà qui est dit. Petit moment de colère contre un système phagocyté jusqu’à la moelle… Colère que j’assume totalement. Une colère saine, aucune rage ni violence n’y étant rattachées.

Pendant ce temps et à part ce petit coup de gueule, nous nous focalisons sur la Covid-19 et ne nous préoccupons que peu du reste du monde. Il n’empêche que pas mal de rétroactions sont en train de se jouer en ce moment. Que ces rétroactions soient géopolitiques, économiques ou climatiques ne sont peut-être pas nos priorités aujourd’hui, tout de suite, là, maintenant ! Mais on va quand même en prendre plein la figure, et dans pas longtemps. 

Alors, au moins, pour un chouette baroud d’honneur, votez juste le 29 novembre ! 

Euh… au cas où, voter juste, c’est voter OUI et dire merde au contre-projet 🙂

Ce sera tout pour aujourd’hui.

PS: Je sais que certains politiques sont honnêtes et sincères, ne serait-ce, bien entendu et pour commencer, les membres du comité d’initiative. Mais d’autres aussi se prononcent en faveur de l’initiative alors même que leur parti s’y oppose. Merci à ces politiciennes et politiciens… en espérant que leurs ambitions politiques ne leur fassent jamais “vendre leur âme au diable”.

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