Petit amuse-bouche pour commencer

« Notre monde a besoin de plus de progrès technologiques, d’innovation et de moins d’idéologie ». Commentaire de Monsieur Ueli Maurer, Conseillé Fédéral et Président de la Confédération 2019, lors de son discours devant l’ONU, à New York, concernant les changements climatiques, le lundi 23 septembre 2019.

L’innovation technologique face à l’idéologie n’est pas le sujet que je souhaite traiter aujourd’hui (même si ça arrivera sans doute sous peu).

Le sujet du jour est centré sur la suite des paroles de Monsieur Ueli Maurer : « Le changement climatique menace notre mode de vie. Nous devons prendre le problème au sérieux »

Jusque là, il a tout bon.

Ensuite, hors discours, mais devant la presse helvétique, Monsieur Ueli Maurer parle de pragmatisme pour trouver des solutions et qu’il ne voit pas d’un bon œil les discussions chargées émotionnellement sur le climat. Il ajoute que la différence entre la jeunesse et la politique réside dans la perception du temps et qu’il faut des années de préparation pour mettre en œuvre des propositions sur le plan politique ; définir des objectifs, présenter le message à la population, attendre les résultats d’un vote, fournir des fonds pour la mise en œuvre et plus encore. Ensuite : « Je crois que les jeunes et les politiciens veulent la même chose, mais pas dans le même délai ».

Là, ça s’est méchamment gâté.

Et j’ai envie de dire ceci à Monsieur Ueli Maurer :

Monsieur le Conseiller Fédéral, Monsieur le Président, permettez-moi d’être outré par vos paroles. Vous commettez deux gravissimes erreurs indignes de votre statut.

D’une part, vous insultez la jeunesse en donnant clairement l’impression que vous la jugez incapable de discernement et incapable de comprendre les enjeux. Une Jeunesse à qui nous reprochons pourtant si souvent de ne pas savoir s’impliquer et de ne se préoccuper que de futilités…

D’autre part, et c’est encore plus grave (!), vous démontrez par vos paroles que vous avez 50 ans de retard. Le monde politique a été alerté concrètement par le biais du fameux Club de Rome et le non moins fameux « Rapport Meadows » en 1972 déjà.

Après 50 ans de léthargie politique, comment osez-vous reprocher à la jeunesse de s’exprimer aujourd’hui avec ses moyens, ses peurs et ses émotions (que vous qualifiez injustement d’idéologie), alors même qu’il est peut- être déjà trop tard ?

En préparant cet article, j’ai lu dans la presse ce mardi 25 septembre que Monsieur le Président Macron a tenu des propos assez similaires, sur le fond, quant aux actions entreprises par la jeunesse qui, selon lui, ne tiennent pas compte des réalités mises en œuvre par la France et l’Allemagne notamment. Hum… Bénéfice du doute ? On veut y croire ? OK, mais ces pays-là ont aussi 50 ans de retard…

Ce sera tout pour aujourd’hui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

error: Alert: Content is protected !!