Petit retour en arrière de 800’000 ans… et une conclusion sous forme de CQFD.

(Attention : les éco-anxieux devraient s’abstenir de lire la suite)

Il est devenu évident pour une bonne proportion de la population, en Europe en tout cas, que nous devons agir sans plus attendre si nous voulons maintenir une certaine qualité de vie sur Terre pour notre civilisation. Il suffit de regarder les résultats des récentes élections fédérales (en Suisse) pour constater la montée en puissance de la pensée «verte» au sein de la population. Merci Greta 😉

Pour les plus pessimistes (et réalistes?), il s’agit surtout d’espérer sauver la civilisation d’une extinction, rien de moins, avec de toute manière un prix à payer inévitable quant à la qualité de vie dans nos sociétés (même pour les régions déjà défavorisées, qui vont perdre beaucoup du peu qu’elles ont aujourd’hui). 

Avec le contenu de mes articles précédents, et avec l’usage répété de «nous avons 50 ans de retard», vous avez déjà compris où se situent mes convictions.

Mais j’ai volontairement évité jusqu’à présent d’exposer des notions chiffrées pour argumenter mes propos. Les chiffres sont dangereux, car sujets à interprétation, et potentiellement incorrects selon l’usage que nous en faisons. Et comme je ne suis pas un scientifique, la moindre honnêteté de ma part est que mes idées apparaissent clairement comme étant des opinions n’engageant que moi, et rien de plus.

Ceci étant dit et pour en venir au sujet du jour, je vais malgré tout me risquer à exposer quelques chiffres:

Ce graphique montre en ppm (particules par million, comme un pourcentage, mais sans décimales pénibles à la lecture) la quantité de CO2 dans l’atmosphère depuis 312 ans (1700 à 2012). Ce type de graphiques, j’en ai vu des dizaines depuis que je m’intéresse à la question climatique. Certains graphiques régulièrement vus démarrent même en l’an 1000 et montrent, de surcroit, le rapport entre températures moyennes et CO2, comme celui-ci:

Jusque-là, rien de nouveau, juste le constat que nous risquons de finir rôti au four si nous ne réagissons pas. 

Puis je suis tombé sur un graphique présentant une toute autre échelle du temps, qui ressemble à celui-ci:

Là, tout devient limpide (et définitivement effrayant). Ce graphique démontre ceci :

Durant ces 800’000 dernières années et jusqu’aux environs des années 1850, la teneur en CO2 dans l’atmosphère a oscillé entre 180 et 280 ppm dans les extrêmes basses et hautes. Dans ces extrêmes, nous traversions successivement des périodes glacières (ma maison et probablement la vôtre étaient prises dans les glaces) et des périodes chaudes (grosso modo chaud comme aujourd’hui, exceptionnellement un peu plus). 

Bien… donc… le delta entre 180 et 280 ppm coïncide, environ tous les 50’000 à 100’000 ans, avec les variations extrêmes du climat global de la planète… Hum… d’accord…

Et ces variations climatiques naturelles se faisaient jusqu’à présent sur de longues périodes, donc en douceur, permettant une certaine adaptation du monde du vivant pour chaque cycle, sans remettre en question la présence même de la vie sur Terre… Hum… toujours d’accord…

Puis arriva un drôle d’animal, marchant sur deux pattes et se tenant debout, sans trop d’impact pour la planète dans un premier temps sur une période de plusieurs milliers d’années. Mais, beaucoup plus récemment, suivit l’ère industrielle rendue possible par l’évolution de ce même animal…

Concrètement, en 2016, nous avions déjà dépassé les 400 ppm (415 en 2019 selon des relevés récents). Et pas sur une période de 50’000 ou 100’000 ans cette fois… mais seulement en 150 à 200 ans!

Avec une telle augmentation, aussi rapide, il va falloir courir vite pour s’adapter.

Bien sûr, à cause de l’inertie de tout ce bazar (mettez en route vos radiateurs en rentrant de vacances en hiver, vous n’aurez pas chaud dans la minute qui suit), on ne ressent encore que peu les effets de cette forte hausse en vilaines particules hantant notre atmosphère… tout au plus constatons-nous quelques phénomènes et catastrophes qui se répètent, sans modifier globalement notre confort pour l’instant.

A partir de là, ma logique m’envoie en pleine figure un constat que j’ose qualifier d’évident, mais que je vous laisserai interpréter par vous-mêmes…

Il s’agit d’une logique à deux facteurs (comme si un seul ne suffirait déjà pas à faire peur):

Le temps et la proportion.

  1. D’une part, 50’000 à 100’000 ans contre 200 ans pour un changement notoire du taux de CO2 dans l’atmosphère.
  2. D’autre part, un maximum de 280 ppm de CO2 dans l’atmosphère pendant 800’000 ans contre 415 ppm aujourd’hui.

CQFD !

Là, j’avais prévu un paragraphe qui résumait la situation tout en argumentant sur la puérilité de la plupart des discours politico-écolos et de certaines bonnes intentions. Mais je ne vous ferai pas cette insulte… Chacun son objectivité et sa volonté de comprendre. Pour les éco-anxieux qui m’auront lu jusqu’ici, je vous avais prévenu. 

Ce sera tout pour aujourd’hui !

Note 1: Le dernier graphique a un défaut. Il ne montre pas des moyennes planétaires, mais seulement locales (prélèvement de carottes de glaces aux pôles). Il n’existait pas de stations de relèvement des valeurs atmosphériques réparties sur la planète il y a… 800’000 ans. Mais je n’ai aucune peine à croire que les résultats obtenus scientifiquement par des relevés entrepris dans l’épaisseur des glaces millénaires montrent une tendance vraie et cohérente, par époques successives.

Note 2: Pourquoi toujours tout ramener à ce foutu CO2 ? Je vous invite à faire quelques recherches sur ce qu’il représente pour nous avec une approche plus technique et scientifique que ce que je pourrais vous proposer. Mais en gros, le CO2 est nécessaire pour retenir un peu de la chaleur que notre soleil nous envoie. Sans CO2 du tout, la réverbération du soleil sur la Terre renverrait presque la totalité de ses effets au-delà de notre atmosphère. Nous aurions très froid. Une moyenne sur la planète d’environ moins (-)20°C. Mais trop de CO2 amène forcément le phénomène inverse… 

Note 3: Pour les graphiques exposés ci-dessus et les éventuels droits d’auteur, après réflexion, je m’en fiche. D’une part, c’est pour la bonne cause; d’autre part ce genre de graphiques circulent partout, sont régulièrement repris et sont la plupart du temps issu des rapports du GIEC qui sont publics à ma connaissance. Dans le cas où je me tromperais, que les ayants droit me le fassent savoir gentiment… Merci.

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